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histoire de la région

Chaque mois, Jacques-André Steudler vous propose un nouvel épisode de l'histoire du Val-de-Travers.

Jura, un pays en partage

Cachot-de-Vent, ce samedi 8 octobre 2005, j'ai le privilège de présenter deux artistes qui expose : LERMITE & Pierre Bichet.

Quand le poête Arthur Nicolet observa le calvaire brévinier, gigantesque toile inspirée du suicide de deux amoureux transis de la Vallée de la Brévine, il s'exclama : L "LERMITE, ce Breughel moderne ! "

Ma seule compétence concernant ces deux grands artistes est le privilège d'une longue amitié avec l'un et avec l'autre.

LERMITE qui nous a quittés pour un monde meilleur le 1er janvier 1977, était âgé de 57 ans, pile.

Bichet, octogénaire fringant, nous fait l'honneur d'être là.

Pour mieux comprendre et faire comprendre mon approche de ces deux peintres : mes frères en amitié, j'ai préparé une conclusion :

LERMITE, né au Locle, élevé à Bienne, peintre à Saignelégier, à la Brévine et aux Bayards, est avant tout un peintre rhénan : son esprit s'incline vers la Mer du Nord.

Le Pontissalien Pierre Bichet, à cheval sur le Doubs est un peintre rhodanien : son esprit l'entraîne en Méditerranée !

Guillaume Apollinaire par sa Nuit rhénane exprime LERMITE de cette image poétique :

" Mon verre est plein d'un vin trembleur comme une flamme.

Ecoutez la chanson lente d'un bâtelier, qui raconte avoir vu sous la lune sept femmes, Tordre leurs cheveux verts et longs jusqu'à leurs pieds,

Debout, chantez plus fort en dansant une ronde,

Que je n'entende plus le chant du bâtelier,

Et mettez près de moi toutes les filles blondes,

Au regard immobile, aux nattes repliées,

Le Rhin, le Rhin est ivre où les vignes se mirent.

Tout l'or des nuits tombe en tremblant s'y refléter.

La voix chante toujours à en râle mourir…

Ces fées aux cheveux verts qui incantent l'été.

Mon verre s'est brisé comme un éclat de rire. "

L'image poétique célébrant Pierre Bichet est de Paul Budry, un des mousquetaires des Cahiers vaudois :

" Tout le village a mis les duvets aux fenêtres la lessive au cordeau et des tabliers frais…

Ça sent l'avril et le persil, le pain, le lait. C'est aujourd'hui mon cœur qu'il aurait fallu naître !

Mon Dieu, qu'il fait bon vivre, il pleut des hirondelles… Le soleil !

Ma parole, il est devenu fou !!!

La terre, c'est de l'or, qu'on retourne à la pelle,

La cloche bat là-haut à se rompre le cou !!!

La cloche ? Non, mesdames ! C'est mon cœur simplement, qui fait assavoir à la ronde, que nous sommes présentement, l'homme le plus heureux du monde… "

Texte de Jacques-André Steudler

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